Colloque organisé en partenariat avec l’université Côte d’Azur et l’université de Tunis El Manar.
Date : le 26 novembre 2026, de 9h à 16h.
En présentiel et à distance.
Présentation
Le principe d’égalité constitue aujourd’hui l’un des fondements normatifs majeurs des États contemporains, tant dans les ordres constitutionnels que dans les engagements internationaux en matière de droits humains. Toutefois, sa mise en œuvre concrète se heurte à des configurations juridiques et politiques profondément différenciées, en particulier lorsqu’il s’articule avec la place reconnue à la religion dans les systèmes institutionnels. Dans plusieurs contextes nationaux – qu’il s’agisse de la France, de la Suisse ou de Monaco, souvent associés à des formes de sécularisation juridique, ou encore de la Tunisie, du Maroc et du Liban, où les référents religieux demeurent plus explicitement intégrés aux architectures normatives – le principe d’égalité est soumis à des régimes d’interprétation pluriels. Ces variations se donnent notamment à voir dans des domaines sensibles tels que le statut personnel, les règles successorales ou encore les modalités de reconnaissance des groupes religieux. Loin de se réduire à une opposition binaire entre États « laïques » et États « religieux », ces configurations invitent à repenser les catégories analytiques mobilisées.
Dans cette perspective, cette journée d’études se propose d’explorer, dans une démarche résolument comparative, les tensions, ajustements et recompositions qui affectent le principe d’égalité lorsqu’il est confronté à des normativités religieuses. Il s’agira d’interroger à la fois les dispositifs juridiques, les pratiques institutionnelles et les mobilisations sociales qui contribuent à redéfinir les frontières entre égalité, pluralisme et reconnaissance du religieux.
Programme
09h00 – Accueil des participants
09h30 – Mots d’ouverture et introductions :
- Salam Kawakibi – Directeur du CAREP Paris
- Christian Vallar – Cerdacff
- Imen Abdelhak – LLJ / Universite Tunis El-Manar
10h00-12h00 I Modèles étatiques du religieux et principe d’égalité
Ce panel examine les différentes manières dont les ordres juridiques et politiques organisent la place du religieux – qu’il s’agisse de modèles de séparation stricte, de reconnaissance officielle, d’intégration institutionnelle, ou de gestion confessionnelle de l’espace public. L’enjeu central n’est pas seulement descriptif : il s’agit d’interroger les effets de ces modèles sur le principe d’égalité, qu’elle soit entre citoyens de confessions différentes ou entre les cultes eux-mêmes.
Modération : Valentine Zuber – Directrice d’études à l’École pratique des hautes études
Avec :
- Christian Vallar – Professeur de droit public, Université Côte d’Azur, « Les fondements constitutionnels de la laïcité et du principe d’égalité en France »
- Leyla Abdullayeva – Ambassadeur d’Azerbaïdjan en France, « la société culturelle et laïque, l’exemple de l’Azerbaïdjan »
- Asma Nouira – Professeure de science politique, CAREP Paris, « Le religieux dans les constitutions tunisiennes depuis l’indépendance : quelle implication pour le principe d’égalité ? »
- Sarah Ghayad – Doctorante en droit public, Cerdacff, « Le modèle confessionnel libanais, une égalité entre communautés »
Débat
12h30-14h00 – Pause déjeuner
14h00-16h – Entre normes religieuses et principe d’égalité : le droit face à ses contradictions
Ce panel resserre l’analyse sur le cas tunisien, qui offre un terrain d’observation particulièrement dense pour saisir concrètement les tensions entre principe d’égalité et normativités religieuses. Il s’ouvre sur le droit de la famille et le statut personnel – droit international privé, héritage, divorce -, domaines où ces tensions sont les plus anciennement documentées et les plus directement vécues par les justiciables. Il se poursuit par la question de la reconnaissance des minorités religieuses, puis par celle, moins souvent étudiée, de l’articulation entre fiscalité et considérations religieuses. À travers ces cinq entrées, le panel propose une cartographie fine des lieux où le droit tunisien, en dépit d’une égalité proclamée, laisse subsister — ou parfois recompose — des hiérarchies fondées sur l’appartenance religieuse ou le genre.
Modération : Zohra Aziadé Zemirli – Chercheuse en droit associée au CAREP
Avec :
- Souhaima Ben Achour – Professeure de droit privé, université Tunis El-Manar, « Le droit international privé tunisien de la famille à l’épreuve du prince d’égalité »
- Amel Bouhjar – Enseignante chercheuse en droit privé, Université de Tunis El-Manar, « Le principe d’égalité et les règles de l’héritage en droit tunisien »
- Olfa Attia – Maître de conférences en droit privé, Université Tunis El-Manar, « Le principe d’égalité et le régime du divorce en Tunisie »
- Imen Abdelhak – Enseignante chercheuse en droit privé, Université Tunis El-Manar, « Les droits des minorités religieuses en Tunisie et principe d’égalité »
- Raya Choubani – Professeure de droit public, Université Tunis El-Manar, « Égalité fiscale et considérations religieuses »
Débat
La Journée d’étude se tiendra dans les locaux du CAREP Paris situés au :
12 rue Raymond Aron, 75013, Paris.
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