La mobilisation lycéenne d’octobre 2026 révèle un malaise qui dépasse largement les questions d’éducation. Manque d’enseignants, inégalités sociales, tensions avec les forces de l’ordre : la contestation met à l’épreuve la promesse républicaine d’égalité des chances et interroge la capacité du gouvernement à répondre aux attentes d’une jeunesse confrontée à un avenir incertain. À l’approche de la présidentielle de 2027, jusqu’où ce mouvement peut-il s’étendre ?
Du 5 au 9 octobre 2026, la France a été secouée par une vague de mobilisations lycéennes d’une ampleur remarquable, sur fond de dégradation des conditions d’enseignement dans le public et de réduction des moyens alloués aux établissements scolaires. Le mouvement a atteint son apogée le 6 octobre, avec plus de 250 000 manifestants selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, avant de connaître un nouveau regain le 8 octobre[1]. Plusieurs rassemblements ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre et à de nombreuses interpellations. Face à la contestation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures, notamment le déploiement d’enseignants remplaçants dans les établissements les plus en difficulté[2]. Il a cependant imputé la mobilisation à l’action de ce qu’il a qualifié de « forces de la gauche radicale[3] ».
Mais réduire ces mobilisations à une crise scolaire serait passer à côté de leur portée. Au-delà des revendications liées à l’éducation, elles révèlent les tensions qui traversent la société française et mettent au jour un dilemme central pour le gouvernement : comment répondre aux attentes en matière de services publics alors que les impératifs de maîtrise des dépenses se heurtent à la dégradation des finances publiques ? À quelques mois de l’élection présidentielle du printemps 2027, dans un contexte où l’extrême droite ambitionne d’accéder au pouvoir, ces mobilisations prennent également une dimension politique plus large. Elles invitent à interroger la place de la jeunesse dans la société française, sa défiance envers les institutions et sa capacité à peser sur le débat public. Que dit cette mobilisation de l’état de la démocratie française et de la relation, de plus en plus tendue, entre la jeunesse et le pouvoir politique ?
Les origines de la crise
Depuis plusieurs années, la France est confrontée à une succession de crises économiques et sociales, dont les effets se sont accentués avec la pandémie de Covid-19, la guerre menée par la Russie en Ukraine et, plus récemment, le conflit américano-israélien contre l’Iran. Ce dernier a contribué à la hausse des prix de l’énergie et ravivé les tensions inflationnistes[4]. C’est dans ce contexte de pressions économiques persistantes et de fragilisation des services publics que des milliers de lycéens sont descendus dans la rue pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’étude : manque d’enseignants, classes surchargées et bâtiments scolaires en mauvais état.

Salam Kawakibi
Salam Kawakibi est chercheur en science politique et directeur du CAREP Paris.
Ancien directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative, il a notamment dirigé l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) à Alep et été chercheur principal à l’université d’Amsterdam. Il est également engagé dans plusieurs organisations œuvrant pour la démocratie et la culture indépendante.
Partie d’un rassemblement dans la cour d’un lycée de la banlieue parisienne, la mobilisation s’est rapidement étendue à d’autres établissements, puis à de nombreuses villes du pays. Le mouvement a progressivement dépassé le seul cadre lycéen, avec la participation d’enseignants et de personnels administratifs. Des établissements privés ont également exprimé leur solidarité avec les élèves du public, tandis que des universités et des organisations syndicales ont apporté leur soutien à la contestation. Des étudiants et des militants syndicaux se sont notamment mobilisés pour protéger les manifestants lors des interventions policières[5].
Cette extension a donné au mouvement une portée qui dépasse largement ses revendications initiales. Au-delà des difficultés rencontrées dans les établissements scolaires, la contestation remet en question les choix économiques et sociaux de l’État, la place accordée à la jeunesse et la capacité des pouvoirs publics à tenir leurs engagements envers une génération confrontée à un avenir incertain. L’enjeu est particulièrement sensible en France, où l’école publique occupe une place centrale dans l’idéal républicain. Elle est censée garantir l’égalité des chances et offrir à chacun la possibilité d’améliorer sa condition sociale par l’instruction. Lorsque les conditions d’apprentissage se dégradent et que les inégalités persistent, c’est donc bien davantage que le fonctionnement quotidien des établissements qui est en jeu : c’est la capacité de l’école à remplir sa promesse républicaine qui se trouve interrogée[6].
À l’approche de l’élection présidentielle du printemps 2027, cette contestation a également pris une dimension politique particulière. La situation présente un paradoxe : une grande partie des manifestants, âgés de moins de dix-huit ans, ne dispose pas du droit de vote, mais entend néanmoins faire entendre sa voix dans le débat public. Le mouvement est ainsi devenu un terrain d’affrontement politique. Certains commentateurs proches de la droite et de l’extrême droite ont accusé La France insoumise de chercher à instrumentaliser la colère des lycéens à l’approche du scrutin[7].
Pour étayer ces accusations, ils ont notamment mis en avant la présence de députés et d’élus locaux lors des rassemblements. Selon les témoignages rapportés, certains élus portaient des vestes ou des insignes permettant de les identifier, notamment pour tenter de protéger les élèves lors des interventions policières. Ces interventions ont elles-mêmes suscité de vives critiques, à la suite de témoignages faisant état de blessures graves et d’interpellations jugées arbitraires[8]. La question de la proportionnalité de la réponse policière s’est ainsi imposée au cœur du débat, d’autant que de nombreux manifestants étaient mineurs. Au-delà des controverses partisanes, c’est alors une question fondamentale qui se pose : jusqu’où les pouvoirs publics peuvent-ils aller pour maintenir l’ordre sans porter atteinte au droit de manifester et à la liberté d’expression d’une jeunesse qui cherche à se faire entendre ?
L’école publique face aux inégalités sociales
Les revendications des lycéens mettent en lumière une fragilité profonde du système éducatif français : le manque persistant d’enseignants et les difficultés croissantes des établissements à garantir un enseignement de qualité[9]. Cette situation menace d’accentuer les écarts de réussite entre les élèves, en fonction notamment de leur origine sociale et de leur lieu de scolarisation.
Ces difficultés sont particulièrement visibles dans les banlieues et les quartiers populaires, où de nombreux établissements souffrent d’un manque de moyens et d’équipements, tandis que les familles sont souvent confrontées à des contraintes économiques et sociales importantes[10]. Le problème ne se limite toutefois pas aux résultats scolaires. Le recul des performances éducatives observé en France, comme dans d’autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soulève des interrogations plus larges sur la qualité de l’enseignement et la capacité du système éducatif à corriger les inégalités sociales.
Les familles les plus aisées peuvent plus facilement offrir à leurs enfants des conditions d’apprentissage favorables, tandis que les familles modestes dépendent davantage de l’école publique pour leur assurer des perspectives de réussite. Lorsque celle-ci ne parvient plus à compenser suffisamment les inégalités de départ, les chances d’accéder à l’enseignement supérieur et, à terme, à un emploi sont elles-mêmes compromises. L’école risque alors de reproduire les inégalités qu’elle est censée contribuer à réduire, au lieu de constituer un véritable levier d’ascension sociale.
Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte de transformations sociales et pédagogiques rapides, auquel les établissements peinent parfois à s’adapter. Elles ne sauraient pour autant exonérer les pouvoirs publics de leurs responsabilités. Il leur appartient de pourvoir les postes vacants, d’améliorer les conditions de travail des enseignants, d’entretenir les bâtiments scolaires et de renforcer les moyens des établissements les plus fragilisés. Ces mesures sont indispensables pour préserver la qualité de l’enseignement et permettre à l’école publique de remplir pleinement sa mission sociale.
Au-delà de l’école
Les mobilisations ont également fait émerger des préoccupations qui dépassent les revendications scolaires et les frontières nationales. La présence de drapeaux palestiniens dans certains rassemblements, ainsi que les slogans consacrés au changement climatique, aux guerres et aux conflits internationaux, témoignent de la sensibilité d’une partie de la jeunesse française à des causes qui dépassent le cadre scolaire[11].
Ces expressions de solidarité suggèrent que certains jeunes établissent un lien entre leurs difficultés quotidiennes et un contexte mondial marqué par l’imbrication des crises économiques, sociales, environnementales et politiques. Ils en subissent les conséquences dans leur vie présente, mais aussi dans leurs perspectives d’avenir, tout en ayant souvent le sentiment de disposer de peu de moyens pour influer sur les évolutions en cours.
Il serait toutefois excessif d’en déduire que les participants partagent une même orientation politique ou poursuivent un objectif commun. La diversité des causes défendues reflète plutôt l’élargissement des préoccupations d’une génération attentive aux liens entre ses conditions de vie et les transformations du monde.
Cette évolution prend une dimension particulière à l’approche de l’élection présidentielle du printemps 2027. Une grande partie des lycéens mobilisés n’a pas encore atteint l’âge légal pour voter et ne peut donc pas participer directement au scrutin. Pour autant, l’absence de droit de vote ne signifie pas l’absence de poids politique. Par les manifestations, les prises de parole et les mobilisations collectives, ces jeunes peuvent contribuer à orienter le débat public et inciter les partis comme les candidats à accorder davantage de place à leurs préoccupations.
Les conséquences électorales de ce mouvement restent néanmoins incertaines. La capacité à rassembler dans la rue ne se traduit pas automatiquement par une influence équivalente dans les urnes. La mobilisation révèle toutefois des attentes sociales et politiques susceptibles de peser durablement sur le débat public, y compris au-delà de l’échéance présidentielle.
De la contestation lycéenne à une mobilisation nationale
L’importance de ces mobilisations tient autant aux revendications qu’elles portent qu’à ce qu’elles révèlent des transformations de la contestation sociale : élargissement de ses soutiens, diversification de ses motivations et évolution de ses modes d’expression. Cinq dynamiques permettent d’en comprendre les principales caractéristiques et d’envisager les évolutions possibles.
Premièrement, l’élargissement de la mobilisation au-delà du seul milieu lycéen. Le mouvement ne concerne plus uniquement les élèves des établissements les plus touchés par le manque de moyens et la dégradation des conditions d’étude. Il suscite également la solidarité d’étudiants de l’enseignement supérieur, y compris dans des établissements prestigieux traditionnellement associés à des milieux politiques et intellectuels de droite.
Les motivations des jeunes sont diverses : difficultés matérielles, sentiment d’abandon de l’enseignement public, préoccupations liées à la justice sociale, interrogations sur l’identité ou inquiétudes face à l’avenir. Tous ne partagent ni les mêmes revendications ni les mêmes orientations politiques. Cette diversité montre néanmoins que le mécontentement dépasse les établissements directement touchés par les difficultés scolaires et trouve un écho auprès de catégories sociales différentes.
Si cette dynamique se poursuit, le mouvement pourrait dépasser le cadre éducatif pour devenir une contestation plus générale des politiques économiques et sociales du gouvernement, voire du rapport entre la jeunesse et le pouvoir politique. Une telle évolution évoquerait, toutes proportions gardées, les mobilisations de Mai 1968, qui avaient débordé les revendications initiales pour contribuer à de profondes transformations sociales et politiques en France[12].
Deuxièmement, le rôle des réseaux sociaux dans la documentation des affrontements et la formation de l’opinion publique. La diffusion massive de vidéos montrant des heurts entre élèves et forces de l’ordre a alimenté les débats sur les méthodes policières et les limites de l’usage de la force lors des manifestations.
La portée de ces images dépend de leur authenticité, de leur contexte et des conditions dans lesquelles elles sont diffusées. Leur circulation rapide a néanmoins contribué à façonner la perception du mouvement et à élargir le cercle de ceux qui expriment leur soutien aux lycéens. Cet épisode illustre ainsi le rôle croissant des plateformes numériques dans les mobilisations contemporaines : elles ne servent plus seulement à organiser les rassemblements, mais participent également à la construction des récits médiatiques et des controverses politiques qui les entourent[13].
Troisièmement, la controverse sur les interpellations et la réponse sécuritaire. La vague d’interpellations, qui aurait concerné plus de 6 000 personnes selon les chiffres relayés[6], a suscité de vives réactions, alors même que la plupart des personnes concernées auraient été relâchées peu après. Cette réponse des autorités soulève plusieurs questions : comment distinguer les comportements susceptibles de justifier des poursuites de l’exercice du droit de manifester ? Les mesures prises étaient-elles proportionnées aux faits reprochés ? Comment maintenir l’ordre public sans porter atteinte aux libertés fondamentales ?
Le nombre d’interpellations ne suffit pas, à lui seul, à évaluer l’efficacité de la stratégie des autorités. Un durcissement de la réponse policière peut freiner temporairement la mobilisation, mais il peut aussi renforcer le sentiment d’injustice et élargir la solidarité envers les manifestants. Dans ce cas, la gestion sécuritaire de la contestation risque paradoxalement d’alimenter les tensions qu’elle cherche à contenir.
Quatrièmement, l’extension possible du mouvement à d’autres secteurs sociaux et professionnels. La manifestation nationale annoncée pour le 17 octobre, à laquelle sont appelés à participer des salariés de différents secteurs, des fonctionnaires, des personnels infirmiers et des étudiants, constituera un test important de la capacité du mouvement à élargir sa base de soutien.
Son succès ne dépendra pas uniquement du nombre de participants. Il reposera également sur la capacité des différentes composantes à définir des revendications communes, tout en préservant leur autonomie et en évitant que la contestation ne soit absorbée par les rivalités partisanes et les stratégies électorales. La réponse des autorités jouera, elle aussi, un rôle déterminant dans la suite des événements.
Cinquièmement, une possible extension de la contestation au-delà des frontières françaises. Bruxelles et plusieurs villes d’Italie, d’Allemagne et de Grèce auraient également connu des manifestations témoignant, à des degrés divers, des inquiétudes de la jeunesse et de ses incertitudes face à l’avenir[14]. Si les difficultés à l’origine de ces mobilisations persistent sans réponse politique jugée convaincante, la contestation pourrait trouver un écho dans d’autres pays européens, voire au-delà de l’Union européenne.
Une telle évolution inviterait à dépasser une lecture strictement nationale de ces mouvements. Plutôt que de traiter chaque mobilisation comme une crise isolée et passagère, les gouvernements seraient amenés à s’interroger sur les difficultés communes auxquelles les jeunes sont confrontés, sur les limites des politiques éducatives existantes et sur les réponses à apporter à leurs attentes. L’enjeu serait alors de privilégier des réponses structurelles et durables, plutôt que de s’en remettre principalement à des mesures ponctuelles ou à une approche centrée sur le maintien de l’ordre.
Perspectives et scénarios
Trois scénarios peuvent être envisagés pour la suite du mouvement. Ils ne sont pas nécessairement exclusifs les uns des autres et pourraient même se succéder.
Premier scénario : un reflux de la contestation sous l’effet de réponses gouvernementales partielles. Dans cette hypothèse, le gouvernement parviendrait à contenir la mobilisation en répondant à certaines revendications immédiates. Le ministre de l’Éducation nationale a ainsi annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements confrontés à un manque de personnel, avec une mise en place annoncée « en quelques heures[15] ». Cette annonce soulève toutefois une question : pourquoi de telles mesures n’ont-elles pas été prises plus tôt ?
Même si le gouvernement parvient à contenir la mobilisation actuelle, cela ne signifiera pas qu’il aura résolu les problèmes structurels qui l’ont provoquée, accumulés au fil des années de manque de moyens et de pénurie de personnel. Ce scénario se traduirait notamment par une baisse progressive du nombre de manifestants, une reprise normale des cours et une diminution des affrontements avec les forces de l’ordre[16], parallèlement à l’annonce de mesures visant à améliorer les conditions d’enseignement.
Deuxième scénario : une contestation intermittente, sans élargissement décisif. Si le gouvernement ne parvient pas à endiguer complètement le mouvement et que les manifestants ne réussissent pas, de leur côté, à l’élargir ni à le structurer à l’échelle nationale, les mobilisations pourraient se poursuivre de manière discontinue. Elles se concentreraient alors dans certains établissements et certaines zones, avant de resurgir à chaque nouvelle difficulté ou à chaque retard dans la mise en œuvre des engagements gouvernementaux.
Cette évolution se manifesterait par la poursuite des grèves, la fermeture ponctuelle de certains établissements et la répétition d’affrontements localisés avec les forces de l’ordre. La crise pourrait ainsi s’inscrire dans la durée sans entraîner de transformations politiques tangibles. Les difficultés de l’école publique et les méthodes employées pour gérer la contestation resteraient au centre du débat, tandis que chaque nouveau motif de mécontentement pourrait provoquer une reprise de la mobilisation.
Troisième scénario : l’élargissement du mouvement et sa transformation en une crise politique et sociale de grande ampleur. Cette évolution reste envisageable si les revendications lycéennes convergent avec celles de mouvements syndicaux et sociaux plus larges, ou si le recours à la force provoque une nouvelle vague de solidarité.
Le mouvement pourrait alors présenter certains traits communs avec celui des Gilets jaunes, apparu en France en 2018, notamment par l’élargissement de sa base et le dépassement de ses revendications initiales. La probabilité de ce scénario augmenterait si d’autres forces sociales et politiques rejoignaient la mobilisation, y compris des acteurs extérieurs à la gauche radicale, qui a déjà exprimé son soutien au mouvement[17].
Conclusion
Les mobilisations lycéennes révèlent une crise qui dépasse largement les conditions d’enseignement. Elles mettent en question la capacité de l’école publique à garantir l’égalité des chances, la volonté de l’État de répondre aux difficultés sociales et la place accordée à une jeunesse qui cherche à faire entendre sa voix dans le débat public.
Trois évolutions restent possibles : un reflux de la contestation sous l’effet de réponses partielles, un mouvement intermittent qui s’installe dans la durée ou un élargissement à d’autres catégories sociales, susceptible de déboucher sur une crise politique plus vaste. Leur issue dépendra autant de la capacité des manifestants à maintenir et à élargir leur mobilisation que de la réponse apportée par les autorités.
Il est encore trop tôt pour déterminer quelle trajectoire l’emportera. Mais un constat s’impose : l’apaisement de la rue ne saurait tenir lieu de résolution de la crise. Des mesures ponctuelles peuvent répondre à certaines urgences, sans pour autant corriger les inégalités et les dysfonctionnements qui ont nourri la contestation.
Pour l’État français, le défi ne consiste donc pas seulement à rétablir l’ordre ou à assurer la reprise des cours. Il est aussi de restaurer la confiance dans l’école publique et de démontrer que l’origine sociale ne détermine pas, à elle seule, les perspectives d’avenir. Car au-delà de la mobilisation présente, c’est la crédibilité de la promesse républicaine d’égalité des chances qui se trouve en jeu.
Notes :
[1] Nicolas Garriga & Oleg Cetinic, “French Riot Police Fire Tear Gas as more than 250,000 Rally Nationwide for School Funding”, AP News, 7/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://apnews.com/article/france-education-protests-macron-police-dd78a1a2b80d4c84a92bcdde6f96e988
[2] Manon Cruz & Dominique Vidalon, “French Students Keep up Protest Pressure with Some Demonstrations Hit by Violence”, Reuters, 08/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reuters.com/world/europe/french-school-blockades-persist-after-pms-unspecified-promises-2026-10-08/
[3] Mariama Darame et al., « Mouvement lycéen : face à la polémique sur le maintien de l’ordre, le gouvernement sur la défensive », Le Monde, 07/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/10/07/mouvement-lyceen-sebastien-lecornu-sous-la-pression-de-la-rue-des-oppositions-et-d-emmanuel-macron_6789500_823448.html
[4] Shola Lawal, “France Protests: What We Know as Schools Face Nationwide Action,” Al Jazeera, sur https://www.aljazeera.com/features/2026/10/6/france-protests-what-we-know-as-schools-brace-for-nationwide-action ; “French Preliminary Inflation up at 3.4% in September,” Reuters, 30/9/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reuters.com/business/french-preliminary-inflation-up-34-september-2026-09-30/ ; « En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an », Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 30/9/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.insee.fr/fr/statistiques/9056956
[5] Makini Brice & Dominique Vidalon, “French Student Protesters Vow to Keep up their Fight after Scoring First Win”, Reuters, 9/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reuters.com/world/french-student-protesters-vow-keep-up-their-fight-after-scoring-first-win-2026-10-09/
[6] Sylvie Lecherbonnier & Eléa Pommiers, « Le mouvement lycéen, singulier et déjà historique, s’ancre sur le manque de moyens et les “ratés de la massification scolaire” », Le Monde, 5/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/05/le-mouvement-lyceen-singulier-et-deja-historique-s-ancre-sur-le-manque-de-moyens-et-les-rates-de-la-massification-scolaire_6788473_3224.html
[7] Mariama Darame & Nathalie Segaunes, « Blocage des lycées : le gouvernement fébrile, à la merci d’un embrasement qu’il n’a pas vu venir », Le Monde, sur https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/10/06/mouvement-des-lycees-impuissant-l-executif-a-la-merci-d-un-embrasement_6788869_823448.html
[8] Juliette Jabkhiro & Layli Foroudi, “French Policing Under Scrutiny as Student Protest Injuries Mount”, Reuters, 10/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reuters.com/world/french-policing-under-scrutiny-student-protest-injuries-mount-2026-10-10/
[9] “French Students Renew Protests as Government Announces 3,000 Substitute Teachers”, Reuters, 10/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reutersconnect.com/item/french-students-renew-protests-as-government-announces-3000-substitute-teachers/dGFnOnJldXRlcnMuY29tLDIwMjY6bmV3c21sX09XQU5BQ0FBVklERU8yMDI2MTAwODQyNjk5Mzg4
[10] Layli Foroudi, “High School Students in Paris’ Deprived Suburbs Spark National Protest Movement”, Reuters, 3/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.reuters.com/world/high-school-students-paris-deprived-suburbs-spark-national-protest-movement-2026-10-03/ ; Rémi Ducasse et al., « Paroles de lycéens participant aux blocages : “Je suis inquiet pour mon avenir et pour celui de tous les lycéens de France” », Le Monde, 03/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/06/paroles-de-lyceens-dans-les-blocus-je-suis-inquiet-pour-mon-avenir-et-pour-celui-de-tous-les-lyceens-de-france_6788828_3224.html
[11] Lorraine de Foucher et al., « La mobilisation lycéenne se poursuit partout en France : “battles d’aura”, “Marseillaise”, défilés et incidents », Le Monde, 10/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/08/la-mobilisation-lyceenne-se-poursuit-partout-en-france-battles-d-aura-marseillaises-defiles-et-incidents_6790285_3224.html
[12] Sur les événements de mai 1968, voir : Philippe Testard-Vaillant, « 68, année historique », CNRS, 17/4/2018, consulté le 15/10/2026, sur https://lejournal.cnrs.fr/articles/68-annee-historique
[13] Estelle Nilsson-Julien, “Teen Revolt or Revolution? The Student Protests Threatening France’s Presidential Race”, Euronews, 11/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.euronews.com/2026/10/11/teen-revolt-or-revolution-the-student-protests-threatening-frances-presidential-race
[14] Rebecca Falconer, “Student Protest Unrest Spreads Across Europe”, Axios, 07/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.axios.com/2026/10/07/europe-student-protests-france-belgium
[15] Brice & Vidalon, “France Vows to Deploy 3,000 Substitute Teachers after Fresh Student Protests”, The Local France, 08/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.thelocal.fr/20261008/france-vows-to-deploy-3000-substitute-teachers-after-fresh-student-protests
[16] Nathalie Segaunes, « Mobilisation lycéenne : les premières surprises de la plateforme de concertation », Le Monde, 10/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/10/09/mobilisation-lyceenne-les-premieres-surprises-de-la-plateforme-de-concertation_6790617_823448.html
[17] Agathe Beaudouin et al., « Mouvement lycéen : la mobilisation s’amplifie et agrège de nombreux soutiens », Le Monde, 7/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/06/mouvement-lyceen-la-mobilisation-s-amplifie-et-agrege-de-nombreux-soutiens_6789130_3224.html ; Ellen Francis, “Protests Sweep France, as Student Walkouts tap into Public Discontent”, The Washington Post, 06/10/2026, consulté le 15/10/2026, sur https://www.washingtonpost.com/world/2026/10/06/protests-sweep-france-closing-schools-student-walkouts-escalate/
[3] D’ailleurs, un des objectifs de l’interventionnisme russe en Syrie était précisément que les combattants radicaux de Russie, dans le Caucase notamment, se rendent sur le théâtre moyen oriental, un travail qui a été facilité par le laxisme russe sur les voyages des combattants depuis la Russie vers le Moyen Orient.
[4] Dimitri Trnin, “Russia in the middle East: Moscow’s objectives, priorities, and policy drivers”, in Task force on U.S. policy toward Russia, Ukraine, and Eurasia, Carnegie Endowment for International Peace, 2016, URL : https://carnegieendowment.org/files/03-25-16_Trenin_Middle_East_Moscow_clean.pdf
[5] Gabriel Gorodetsky, “Why Moscow championed the creation of Israel”, Le Monde Diplomatique, Février 2016, URL : https://mondediplo.com/2016/02/11sovietisrael
[6] Galia Golan, “Soviet Middle East policy under Gorbachev”, RAND Corporation, Joint note soviet Series, 1990, URL : https://www.rand.org/pubs/joint_notes-soviet/JNS02.html
[7] Lorsque la guerre éclate en Ukraine, c’est Naftali Bennett qui est Premier ministre dans le cadre d’une coalition assez baroque, qui d’ailleurs ne durera pas longtemps. Ses prises de position sont pro-ukrainiennes, mais de fait, ne se traduisent officiellement par aucunes mesures anti-suisses (sanctions, livraison d’armes à Kiev…). Il est même un temps médiateur entre les belligérants. Le retour de Netanyahou aux affaires permet, à l’évidence, de rehausser le niveau de la relation bilatérale grâce à une “l’alchimie » particulière entre Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou.
[8] Bat Chen Druyan Feldman and Arkady Mil-Man, “Russia’s New World Order” and the Israel-Hamas War”, INSS insight, No. 1801, 18 décembre 2023, URL : https://www.inss.org.il/wp-content/uploads/2023/12/No.-1801.pdf
[9] Jonathan M. Winer, “Essential questions about the Russia-Hamas link: The evidence and its implications”, Middle East Institute, 28 novembre 2023, URL : https://www.mei.edu/publications/essential-questions-about-russia-hamas-link-evidence-and-its-implications
[10] Belga, “Syrie : après plus de dix ans, le Hamas rencontre Bachar al-Assad”, RTBF, 19 octobre 2022, URL : https://www.rtbf.be/article/syrie-apres-plus-de-dix-ans-le-hamas-rencontre-bachar-al-assad-11088524
[11] Milàn Czerny, Israel and Russia: The End of a Friendship? Carnigie Politika, Carnegie Endowment for International Peace, 21 novembre 2023, URL : https://carnegieendowment.org/politika/91073
[12] Jamie Dettmer and Christian Oliver, “Hamas’ gift to Vladimir Putin”, Politico, 23 octobre 2023, URL : https://www.politico.eu/article/hamas-gift-russia-vladimir-putin-international-crises-russia-israel-palestine/
[13] Laura Hülsemann, “Putin blames US for Israel-Hamas Conflict”, Politico, 1à octobre 2023, URL : https://www.politico.eu/article/vladimir-putin-russia-blames-us-over-isreal-hamas-conflict/
[14] « Les États-Unis soutien indéfectible d’Israël », L’Humanité, 23 novembre 2023, URL : https://www.humanite.fr/en-debat/debat-israel-gaza/les-etats-unis-soutien-indefectible-disrael s://www.humanite.fr/en-debat/debat-israel-gaza/les-etats-unis-soutien-indefectible-disrael
[15] Lara Jakes and Eric Schmitt, “Three Weapons That Israel and Ukraine Both Need From the U.S.”, The New York Times, 22 octobre 2023, URL : https://www.nytimes.com/2023/10/22/us/politics/israel-ukraine-weapons.html
[16] Maxime Birken avec AFP, « Guerre en Ukraine : Zelensky face au risque de délitement de l’aide et du soutien occidental à l’Ukraine », Huffingtonpost, 5 octobre 2023, URL : https://www.huffingtonpost.fr/international/article/guerre-en-ukraine-zelensky-face-au-risque-de-delitement-de-l-aide-et-du-soutien-occidental-a-l-ukraine_224003.html
[17] « Israël-Hamas : la colère du Sud global », Editorial, Le Monde, 20 octobre 2023, URL : https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/20/israel-hamas-la-colere-du-sud-global_6195578_3232.html
[18] Steven Stalinsky, “As Hamas Visits Its ‘Closest Friend’ Moscow, Questions Surround Russia’s Knowledge Of, Involvement In October 7 Hamas Attack: A Review Of Russia-Hamas Ties and Strategic Relationship”, Russia, Palestinian Authority, Inquiry & Analysis Series No. 1723, MEMRI TV, 8 novembre 2023, URL : https://www.memri.org/reports/hamas-visits-its-closest-friend-moscow-questions-surround-russias-knowledge-involvement
[19] Pourtant, la Russie joue un rôle de médiation depuis des années au niveau intra-palestinien. Elle a accueilli à plusieurs reprises des négociations entre les factions palestiniennes à Moscou au sein du prestigieux Institut d’Orientalisme de l’Académie des Sciences, afin de tenter de forger un consensus avec en ligne de mire les pourparlers de paix israélo-palestiniens. Elle est la seule à pouvoir discuter avec toutes ces factions, djihad islamique inclus, car les autres membres du quartet international en considèrent certaines comme terroristes.
