Le Centre arabe de recherches et d’études politiques (CAREP Paris) rend hommage à Leïla Shahid, figure majeure de la diplomatie palestinienne, décédée ce mercredi 18 février 2026.
Née un an après la Nakba, formée dans le tumulte intellectuel de Beyrouth, elle appartient à cette génération pour qui l’exil n’était pas une abstraction mais une expérience fondatrice. De cette condition, elle n’a jamais fait un slogan. Elle en a fait une responsabilité. Car pour elle, la Palestine n’était ni un mythe ni une abstraction diplomatique. La Palestine était une responsabilité historique. Être née loin de chez elle signifiait apprendre à traduire : traduire une mémoire familiale en langage politique, une dépossession en argument juridique et une cause nationale juste en cadre universel.
Dans les enceintes européennes, elle incarnait cette tension féconde : parler depuis l’exil sans perdre l’ancrage, défendre un peuple fragmenté tout en s’adressant à des institutions attachées aux équilibres. Elle savait que la bataille ne se jouait pas seulement sur le terrain, mais dans les mots, dans la manière dont la cause palestinienne était nommée, cadrée, et interprétée. À l’heure où les récits se durcissent et se polarisent, son parcours rappelle qu’il existe une diplomatie de la constance. Elle revendique son engagement sans jamais transgresser les règles du jeu international. Cette tension maîtrisée entre fidélité nationale et expression universelle définissait sa posture unique.
Le Centre arabe de recherches et d’études politiques présente ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Les Palestiniens perdent une voix éclairée et fidèle, une diplomate dont l’engagement et la lucidité continueront d’inspirer les générations à venir.