06/04/2026

Modernité, rationalité et génocide : une analyse critique de la violence institutionnelle à l'ère numérique

Par Ahmed Abdelhalim
cible drone
Night air raid. The bombing of ground targets in the desert. Par Par Chocolatefather / Adobstock

De l’Holocauste aux violences extrêmes à Gaza, puis aux récents affrontements impliquant les États‑Unis, Israël et l’Iran qui ont embrasé une partie du Moyen‑Orient, la modernité n’a pas seulement produit progrès et rationalité : elle a aussi structuré des mécanismes de violence méthodique. En mobilisant les travaux de Zygmunt Bauman et les réflexions d’Hannah Arendt sur la « banalité du mal », cet article explore comment bureaucratie, technologies numériques et rationalité instrumentale peuvent transformer la violence en processus organisé, où la responsabilité individuelle se dilue derrière l’efficacité institutionnelle.

Dans son ouvrage influent Modernité et Holocauste (Modernity and the Holocaust), Zygmunt Bauman propose une lecture approfondie de la modernité occidentale. Il dépasse l’étude d’un événement historique particulier pour mettre en lumière les dynamiques structurelles susceptibles de produire une violence systématique. Bauman établit un lien entre rationalité instrumentale, technologie avancée et bureaucratie efficace, montrant comment les outils d’organisation sociale et administrative peuvent devenir des instruments d’extermination dans le cadre de l’« efficacité » institutionnelle. L’Holocauste, selon lui, illustre ainsi comment la modernité peut générer des politiques d’exclusion méthodiquement appliquées, révélant la relation complexe entre progrès technique et responsabilité éthique.

Toutefois, mobiliser cette grille d’analyse dans l’étude des conflits contemporains suppose une précaution essentielle : il ne s’agit ni d’établir une équivalence historique entre des situations distinctes, ni de réduire la singularité des événements, mais d’interroger la persistance de mécanismes structurels analogues au sein de la modernité. L’apport de Bauman réside précisément dans cette mise en garde : les conditions ayant rendu possible une violence extrême ne relèvent pas d’une exception révolue, mais d’une configuration sociale et institutionnelle susceptible de se reconfigurer dans des contextes différents.

Revisiter l’analyse de Bauman dans le contexte des guerres modernes, comme la guerre contre Gaza ou l’agression américano-israélienne contre l’Iran et le Liban, met ainsi en évidence l’importance de scruter la bureaucratie militaire numérique et son rôle dans la gestion de la violence collective. Les processus de surveillance et de contrôle numériques, ainsi que les procédures administratives intégrées aux concepts de « sécurité » et de « rationalité scientifique », créent des mécanismes d’évitement de la responsabilité éthique individuelle. Cette dynamique rejoint l’analyse d’Hannah Arendt sur la « banalité du mal » : le mal devient programmé au sein des systèmes institutionnels et s’installe dans la routine. La modernité, en mobilisant ses outils théoriques et techniques, révèle ainsi son potentiel de production de violence, faisant de l’étude de l’Holocauste un cadre analytique pour comprendre certaines formes contemporaines d’exclusion et de violence systémique.

Ahmed Abdelhalim

Ahmd Abdelhalim

Écrivain et chercheur égyptien, il écrit sur les questions de sociologie politique et les études du corps. Il est l’auteur de six ouvrages, entre littérature et recherche, portant sur le corps, la prison, la société, la politique et l’exil.

Cet article explore donc la nature de la modernité et ses effets sur la morale sociale, en s’appuyant sur Bauman pour montrer que la dérive vers la violence organisée résulte de dynamiques institutionnelles liées à des intérêts politiques et sécuritaires précis. Il examine également la dualité de la modernité : capable de progrès social et de productivité technique, elle peut simultanément produire exclusion et violence systématique. Cette perspective permet de penser les guerres contemporaines comme l’expression de logiques modernistes, où rationalité, technologie et bureaucratie se combinent pour structurer des formes de violence institutionnelle, rendant impératif un examen critique permanent de la modernité et de ses responsabilités éthiques et sociales.

La violence organisée au cœur de la logique moderniste 

Zygmunt Bauman propose de lire le génocide comme une possibilité structurelle inscrite au cœur même de la modernité. Dans cette perspective, l’Holocauste n’est ni le fruit d’une défaillance individuelle ni un simple événement exceptionnel : il résulte du cumul de structures et de dynamiques propres à l’ère moderne. La rationalité instrumentale, soutenue par le développement technologique et une bureaucratie efficace, a profondément transformé le projet des Lumières : initialement conçu pour émanciper l’homme et maîtriser la nature, celui-ci a pu, dans certaines configurations historiques, se muer en un dispositif organisé d’imposition de l’autorité sociale et de mise en œuvre d’une violence systématique.

Cette analyse conduit à une conclusion dérangeante : dans certaines conditions, les crimes les plus extrêmes ne naissent pas d’une rupture avec le système, mais de son fonctionnement ordinaire. Cette idée rejoint l’analyse d’Hannah Arendt sur la « banalité du mal », qui met en lumière la capacité des institutions à produire une violence massive de manière routinière et apparemment « normale ». Bauman souligne également que ce processus ne relève pas d’un simple dérèglement moral, mais de l’imbrication entre savoir technique, rationalité administrative et contrôle institutionnel, éclairant ainsi la relation complexe entre modernité et responsabilité[1].

Bauman met en évidence une autre transformation majeure : l’esprit des Lumières a pu, dans certaines formes de rationalisation, se réduire à une rationalité instrumentale excluant progressivement les dimensions morales, philosophiques et esthétiques. Dans ce cadre, l’exécution bureaucratique du crime devient non seulement possible, mais hautement efficace et systématique. Pour désigner cette tendance moderniste à envisager la société comme un espace à ordonner, purifier et optimiser, Bauman introduit le concept d’« État-jardinier » (Gardening State), dans lequel tout élément perçu comme perturbateur ou « superflu » est susceptible d’être traité comme une menace appelant une gestion, voire une élimination méthodique.

Cette conception rejoint les analyses de Max Weber sur la bureaucratie : les appareils administratifs modernes permettent un contrôle étendu des individus et des sociétés via des règles précises et des procédures standardisées, tout en tendant à marginaliser les considérations éthiques dans la prise de décision. Elle montre comment les instruments rationnels et techniques peuvent être mobilisés pour produire, à grande échelle, des formes de violence et d’exclusion. L’étude de la bureaucratie moderne apparaît donc essentielle pour comprendre les formes contemporaines de violence institutionnelle[2].

Les effets de cette logique se manifestent de manière particulièrement visible dans certains conflits contemporains. La guerre menée à Gaza est ainsi interprétée par une partie des analyses critiques comme relevant d’une dynamique d’extermination, dans laquelle la société ciblée tend à être envisagée comme une « structure de menace » globale, susceptible de justifier la destruction étendue des infrastructures et du tissu social. Une telle lecture reflète la tendance exclusionnaire que Bauman identifie au sein de certaines formes de rationalité moderniste et peut être comprise comme une illustration de l’intuition centrale développée par lui-même et par Hannah Arendt : le mal organisé ne surgit pas nécessairement dans le chaos ou l’anarchie, mais peut s’inscrire dans l’application rigoureuse de normes institutionnelles. C’est précisément à l’articulation de la rationalité technique et de la bureaucratie que peut se déployer une violence collective méthodique et planifiée.

Relue à l’aune de la modernité contemporaine, cette configuration révèle une tension persistante : elle oppose les promesses de progrès social et technique à la capacité, tout aussi réelle, de produire exclusion et violence systématique. Cette tension impose une réévaluation critique de la modernité et de ses responsabilités éthiques et sociales, tout en ouvrant une interrogation plus large : la modernité peut-elle orienter ses capacités vers la justice humaine, ou demeure-t-elle structurellement exposée à la reproduction de nouvelles formes d’exclusion ?

La bureaucratie moderne et la déconstruction de la responsabilité éthique 

Zygmunt Bauman souligne que la condition sociologique de l’extermination moderne repose sur l’existence d’une bureaucratie efficace, appuyée par un pouvoir central fort. Une telle structure constitue un cadre institutionnel susceptible d’affaiblir la morale individuelle et de neutraliser, dans certaines circonstances, la responsabilité liée à l’acte violent, notamment dans des contextes d’état d’urgence ou de conflit. L’Holocauste, insiste-t-il, ne peut être compris ni comme le produit d’une hystérie collective ni comme celui d’un effondrement social, mais comme l’œuvre d’« un groupe respectable et organisé, portant un uniforme officiel, respectant la loi et veillant même à la rigueur de ses instructions ».

Dans cette perspective, le mal systématique – que Hannah Arendt a conceptualisé comme la « banalité du mal » – apparaît comme le produit d’une conformité à l’ordre institutionnel, plutôt que comme l’expression de pulsions individuelles ou sadiques. La violence extrême devient ainsi compatible avec une forme de normalité sociale dès lors qu’elle s’inscrit dans un cadre administratif perçu comme légitime.

Cette analyse met en évidence un mécanisme central : la bureaucratie moderne, en organisant et en répartissant le travail avec précision, rend possible la production d’une violence de masse selon des modalités routinières. Dans certaines configurations, le système tend alors à devenir le principal vecteur du mal, tandis que l’acte individuel perd, aux yeux de celui qui l’exécute, une partie de sa portée morale. La primauté accordée aux instruments rationnels, techniques et administratifs contribue à transformer l’obéissance aux règles en principe opératoire de la violence organisée, au nom d’une logique d’« efficacité ».

La bureaucratie rationnelle moderne se caractérise par l’articulation entre autorité hiérarchique et division fonctionnelle du travail. Ce mode d’organisation permet de fragmenter des actes criminels de grande ampleur en une série de tâches limitées, ne requérant de la part d’aucun exécutant une décision éthique globale. Chaque individu – employé, fonctionnaire ou soldat – tend ainsi à devenir un opérateur technique chargé d’une fonction précise, tandis que les valeurs morales peuvent être progressivement reléguées au second plan au profit de l’obéissance aux procédures et à la rationalité institutionnelle[3].

Bauman désigne ce processus sous le terme de « sodogenèse » (sodogenesis), pour décrire la transformation de l’exécutant en instrument technique au service d’un projet global. Les expériences de Stanley Milgram sur l’obéissance à l’autorité viennent renforcer cette analyse : elles montrent que des individus ordinaires peuvent être conduits à infliger une violence extrême non par sadisme, mais en raison de la dilution de la responsabilité et de l’absence de médiation morale entre l’acte accompli et la décision personnelle[4].

Dans ce cadre, la « distance morale » (moral distance) devient une condition déterminante du meurtre systématique. En isolant les victimes et en les dépouillant de leur humanité, le système rend possible l’exécution d’actes d’extermination avec un conflit de conscience fortement atténué, voire absent. Une telle réalité entre en tension avec les prétentions de la modernité occidentale à incarner le raffinement, la civilisation et des valeurs humanistes universelles.

Ces mécanismes se prolongent et se renforcent aujourd’hui à travers des structures technologiques avancées. L’acte violent se trouve fragmenté en tâches techniques abstraites, réparties entre concepteurs d’algorithmes, analystes de données et opérateurs de terrain – ce que l’on peut qualifier, à titre heuristique, d’« usine à cibles ». Cette division du travail accentue la distance éthique, chaque acteur se concentrant sur sa fonction au sein du système sans assumer la responsabilité globale des conséquences.

Cette abstraction atteint un degré supplémentaire avec l’usage des drones et des systèmes d’intelligence artificielle : la victime tend à être réduite à une donnée numérique, tandis que l’exécution d’ordres issus de listes automatisées devient le critère d’une décision présentée comme « neutre », parfois sans vérification humaine indépendante. La violence peut ainsi apparaître comme le produit d’un dispositif technique relativement autonome, dans lequel la rationalité opérationnelle tend à se substituer à l’interrogation morale[5].

La rationalisation de l’exclusion dans la violence israélienne

Les concepts de Bauman trouvent un écho direct dans la manière dont certaines guerres contemporaines sont menées, notamment à Gaza, ainsi que dans le cadre des interventions américano-israéliennes en Iran et au Liban, où la violence institutionnelle systématique est souvent justifiée au nom de la rationalité et de la sécurité nationale. La technologie moderne peut accentuer la distance éthique, en dissociant l’individu des conséquences de ses actes et en réduisant la possibilité de ressentir une responsabilité morale.

À Gaza, certaines pratiques de violence ont été interprétées par des observateurs comme s’inscrivant dans une logique de « politique d’État », présentée comme nécessaire et rationnelle au regard de la sécurité et de l’autodéfense. Les opérations militaires sont souvent justifiées comme préventives et objectives, s’inscrivant dans une conception centralisée de l’ordre social : la société ciblée est perçue comme une menace à gérer ou à remodeler selon des objectifs stratégiques. Le discours officiel mobilise la raison, la science et la préventivité pour légitimer ces actions, tandis que la destruction systématique des infrastructures et du tissu social illustre la manière dont des logiques d’exclusion peuvent se déployer sous couvert d’efficacité instrumentale. Des situations similaires ont été observées dans d’autres contextes, comme au Yémen, en Syrie ou dans le Sinaï, où technologies de surveillance et classification sont mobilisées pour justifier le ciblage de populations civiles.

Les analyses juridiques contemporaines renforcent cette interprétation. La Commission d’enquête internationale indépendante a conclu à l’existence d’une « intention spécifique de génocide » à Gaza, affirmant que les actes n’étaient pas aléatoires, mais constituaient un comportement systématique visant à détruire, en tout ou en partie, le peuple palestinien. Ces conclusions, discutées dans le débat international, constituent un exemple contemporain de la tendance à l’exclusion que Bauman analyse dans L’essence de la modernité[6].

Si la bureaucratie nazie reposait sur la fragmentation du travail administratif et logistique, des observateurs notent que le génocide contemporain mobilise des structures comparables, mais numériques : les soldats exécutent des instructions codifiées, tandis que les populations ciblées deviennent des « cibles » classifiées. Les médias participent également à la construction et à la diffusion d’une vision idéologique qui déshumanise les victimes. Ces processus montrent comment les institutions peuvent normaliser la violence, selon une logique proche de celle du « mal banal » d’Hannah Arendt..

L’usage de systèmes d’intelligence artificielle tels que « Lavender » et « Gospel», selon certains observateurs, illustre la manière dont la technologie peut fragmenter et automatiser le processus de ciblage, augmentant la distance morale entre décision et action. « Lavender » identifie et sélectionne les cibles humaines en analysant comportements et données de surveillance, réduisant les individus à des « modèles de risque » statistiques. « Gospel » automatise la planification des frappes sur bâtiments et structures, transformant la destruction en un processus industriel largement déshumanisé. Cette séparation des étapes accentue la distance éthique et déresponsabilise l’exécutant humain.

Le 28 février, l’école primaire pour filles Shajrat Tayyiba à Minab, dans la province de Le 28 février, l’école primaire pour filles Shajrat Tayyiba à Minab, dans la province de Hormozgan (sud de l’Iran), a été frappée par un missile, faisant près de deux cents victimes civiles, principalement des enfants. L’école n’avait aucune fonction militaire connue. Selon les enquêtes préliminaires et les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch, une erreur de renseignement semble avoir conduit à cette frappe, qui constitue une violation grave du droit international humanitaire[7], et fait l’objet d’appels à la responsabilisation des responsables. Les autorités américaines ont nié toute intention de cibler l’école tout en annonçant l’ouverture d’une enquête, illustrant les difficultés éthiques liées aux décisions de ciblage basées sur des données techniques[8].

e paradoxe identifié par Bauman apparaît pleinement : loin d’être une déviation de la rationalité, la violence extrême peut en être le produit direct. Malgré leur précision supposée, les systèmes d’intelligence artificielle restent vulnérables aux biais, aux erreurs de données et aux logiques automatisées de suspicion, générant des conséquences humaines graves. Ces technologies fonctionnent ainsi moins comme instruments d’intelligence que comme dispositifs « aveugles », orientés vers l’efficacité destructrice. Cette réalité confirme que le meurtre de masse moderne peut résulter du déploiement instrumental de la rationalité, sans contrainte éthique, prolongeant les analyses de Bauman et Arendt sur le mal systémique contemporain.

Les défis éthiques à l’ère de la violence technique

La violence observée à Gaza et dans d’autres conflits prolongés révèle les limites du projet humaniste de la modernité. Les valeurs libérales et les principes humanitaires peinent à s’ancrer durablement dans certaines institutions modernes. Alors que Bauman décrit la vie contemporaine comme un modèle « fluide » dans Liquid Modernity, la réalité actuelle pourrait être qualifiée de « modernité visqueuse » : elle combine structures de violence institutionnelle et bureaucratie sécuritaire rigide, consolidant des intérêts centralisés tout en dissolvant progressivement les valeurs humanistes dans l’obéissance et la conformité technique. Dans ce cadre, certains observateurs notent que le massacre peut apparaître comme rationnellement justifié, sous le couvert de la loi et de la sécurité, illustrant comment la modernité produit en son sein des mécanismes d’exclusion et de destruction.

La tragédie de Gaza montre que le génocide n’est pas nécessairement une anomalie ponctuelle, mais peut constituer une possibilité structurelle renouvelée – ce que Bauman désigne par la « sodogenèse » – susceptible de se manifester dans tout État puissant doté d’une idéologie d’exclusion, d’une bureaucratie efficace et d’un couvert international. À l’ère numérique, la distance morale entre acteur et victime devient technologique : les algorithmes et systèmes d’intelligence artificielle peuvent, selon certains rapports, permettre de frapper en masse sans confrontation directe, ni conscience immédiate des conséquences, rendant le mal systématique fonctionnel et impersonnel. La déshumanisation et la numérisation de l’acte criminel rappellent que le massacre résulte souvent du respect scrupuleux du système et de la discipline institutionnelle, plutôt que de la seule nature individuelle des exécutants, sans pour autant exonérer ces derniers de leur responsabilité juridique ou morale.

Pour Bauman et d’autres critiques de la modernité, la mission politique et éthique consiste à identifier et dénoncer les institutions prétendument neutres qui perpétuent violence et oppression. Il s’agit également de questionner la bureaucratie militaire numérique, armée d’algorithmes et de systèmes automatisés, qui agit avec une cécité programmée et une efficacité froide. La force critique de Modernité et Holocauste réside dans ce rappel : le génocide moderne n’est pas seulement l’œuvre de groupes populistes isolés, mais peut résulter logiquement de la combinaison de rationalité instrumentale, d’efficacité administrative et d’outils technologiques, capables de neutraliser la dimension éthique de l’acte.

Ce constat impose un lourd fardeau moral à ceux qui participent, justifient ou tolèrent la violence institutionnelle et soulève une question centrale pour les sociétés modernes : comment rétablir l’équilibre entre rationalité efficace et valeurs humaines à l’ère de la technologie de l’extermination, afin de prévenir la répétition de tragédies similaires à Gaza ? Selon certains observateurs, l’enjeu éthique contemporain réside dans la vigilance, la transparence et la critique permanente des institutions et technologies qui structurent la violence, afin de maintenir la responsabilité humaine au cœur des décisions.

Notes :

[1] Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme : la banalité du mal dans l’Holocauste (texte original en allemand, traduit en arabe par Youssef Atallah, puis en français), Beyrouth : Dar al-Tali’a, 2005, p. 129–132.

[2] Louai Khader Ghabar, Religion, foi et éthique : études en psychologie critique de la religion, Archives OPUS4 – Fromm numériques, 2020.  https://opus4.kobv.de/opus4-Fromm/files/36474/Ghabr_Luai_Khazal_2020.pdf

[3] lan Milchman et Alan Rosenberg, « Review of Modernity and the Holocaust, by Zygmunt Bauman. » Holocaust and Genocide Studies 5, n° 3 (1er mars 1990) : 337–342. https://doi.org/10.1093/hgs/5.3.337.

[4] Milgram experiment, Encyclopaedia Britannica, réd. Stephen Eldridge, dernière mise à jour le 29 janvier 2026. https://www.britannica.com/science/Milgram-experiment

[5] Israel Uses AI in Gaza — And What It Might Mean for the Future of Warfare », TIME, 18 décembre 2024. https://time.com/7202584/gaza-ukraine-ai-warfare/

[6] Sharon Weill et Olivier de Frouville, « Genocide in Gaza: What the UN Commission Says about Facts and Law and Why it Matters », JusticeInfo.net, 25 septembre 2025. https://www.justiceinfo.net/en/150253-genocide-gaza-un-commission-facts-law-why-it-matters.html

[7] « UN Rights Council approves Iran’s request for urgent debate on Minab school massacre », PressTV, 25 mars 2026. https://www.presstv.ir/Detail/2026/03/25/765852/UN-Rights-Council-approves-Iran-urgent-debate-Minab-school

[8] Human Rights Watch, Iran : les conclusions sur l’attaque d’une école aux États-Unis soulignent la nécessité de réformes et de la responsabilisation, 12 mars 2026. https://www.hrw.org/news/2026/03/12/iran-us-school-attack-findings-show-need-for-reform