5 questions à Jonathan Hassine
Désarmer le Hezbollah : quel rôle pour l’armée libanaise ?
Au Liban, l’histoire bégaie tragiquement. Alors que le gouvernement de Nawaf Salam tente d’imposer le désarmement du Hezbollah et la consolidation du monopole des armes sous l’autorité de l’État, le commandant en chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, refuse d’engager ses troupes dans un affrontement direct, redoutant l’implosion de l’institution militaire. Ces décisions ravivent les heures les plus sombres de la guerre civile. De l’accord mort-né avec Israël en mai 1983 aux affrontements entre l’armée et les forces dites “progressistes” en février 1984, le pays a déjà payé le prix fort d’une illusion : celle de croire qu’un soutien américain ou qu’un revers militaire temporaire suffisent à effacer une composante majeure de la société libanaise. En instrumentalisant l’armée pour « restaurer l’ordre », les dirigeants de l’époque n’avaient réussi qu’à faire voler en éclats le dernier pilier de la nation.
Pour décrypter les engrenages de cette crise qui menace à nouveau la stabilité du pays, nous recevons l’historien Jonathan Hassine, chercheur à l’Université de Cambridge et auteur de Les Soldats et l’État dans le Liban en Guerre (PUF, 2025). Avec lui, nous analysons les failles de ce débat sur la souveraineté et les dangers de répéter les erreurs du passé.
Entretien réalisé en collaboration avec le Centre culturel libanais en France. Questions d’Isabel Ruck, responsable de la echerche et de coordination scientifique au sein du CAREP Paris, septembre 2026.