04/11/2026

La Jordanie frappe la Syrie : les zones d’ombre d’une riposte

Par Salma Obeidat
Frontière Syro-Jordanienne, vue côté jordanien, localité Oum Qays. Photo S.O. 26 septembre 2025

Présentées par Amman comme une opération contre des groupes armés liés à l’attentat de Karak, les frappes jordaniennes dans le sud de la Syrie ont provoqué des tensions avec les nouvelles autorités syriennes. Leur déroulement, le bilan humain et les justifications avancées par la Jordanie soulèvent des questions sur la coopération entre les deux pays, mais aussi sur les relations d’Amman avec Israël et les États-Unis.

Dans la nuit du 26 octobre 2026, l’armée de l’air jordanienne a bombardé plusieurs sites dans la région de Deraa, au sud de la Syrie, affirmant qu’il s’agissait d’une action de représailles à l’attentat survenu trois jours plus tôt contre une église dans la ville jordanienne de Karak.

Alors que les autorités jordaniennes ont présenté ces frappes comme une opération antiterroriste menée conjointement avec Damas, les autorités syriennes ont quant à elles démenti toute coordination. Cette contradiction invite à interroger les intentions réelles d’Amman dans cette opération : les frappes visaient-elles véritablement des groupes liés aux auteurs de l’attentat de Karak ?  Comment expliquer la rapidité avec laquelle la Jordanie a recouru à la force contre son voisin syrien ? Pourquoi les avions de combat ont-ils décollé le soir même de l’arrestation des trois suspects de l’attentat ?

Des sources contradictoires

Le 23 octobre, des hommes armés attaquent une cérémonie de funérailles dans l’église grecque orthodoxe Saint-Georges de Hmoud, un village situé à environ 120 kilomètres au sud d’Amman. Des images de vidéosurveillance montrent trois hommes ouvrant le feu depuis leur abri derrière des arbres et un mur, avant de se précipiter dans l’église, où s’étaient rassemblées entre 150 et 200 personnes. L’attentat fait neuf morts et 40 blessées[1].

À l’occasion des condoléances organisées à la suite de l’attentat meurtrier, les Majali[2], dignitaires religieux musulmans d’une des plus importantes tribus de Karak, se tenaient dans la file d’accueil, place habituellement réservée aux proches du défunt. Cette présence témoigne de la solidarité entre les communautés dans ce type de circonstances. Le roi Abdallah II s’est rendu au chevet des blessés, vêtu d’un treillis des forces spéciales, un pistolet à la ceinture, promettant une « main de fer[3] » et décrétant trois jours de deuil national.

Trois jours plus tard, à l’aube du 26 octobre, la police encercle plusieurs hommes présentés comme les principaux suspects de l’attentat, au terme d’un échange de tirs qui a duré plusieurs heures. D’après le chef de la Sécurité publique, il s’agirait des deux frères Hazza’, l’un étant supposé être le « planificateur » de l’attaque[4], ainsi que leur beau-frère[5], trois hommes adhérents à une idéologie takfiriste. Sans appartenir à une quelconque organisation politique, ils auraient attaqué les funérailles de leur propre initiative. Cette version des faits s’accorde pourtant assez mal avec la rapidité de la « riposte » militaire jordanienne contre la Syrie, quelques heures à peine après l’arrestation des suspects. Alors que l’armée de l’air jordanienne affirme avoir détruit des caches d’armes, des véhicules et du matériel militaire, et tué ou blessé de nombreux membres de groupes terroristes liés aux auteurs de l’attentat de Karak, son communiqué officiel ne précise ni les groupes visés, ni les responsables concernés, ni le bilan humain de l’opération[6].

Salma_Obeidat

Salma Obeidat

Palestino-Jordanienne, Salma Obeidat étudie les sciences sociales à University College London où elle travaille sur les relations entre éthique et esthétique en contexte d’oppression.
En 2025, elle soutient un mémoire sur la philosophie du temps à Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, avant de s’orienter vers les sciences politiques. Depuis 2026, elle est assistante de recherche au CAREP Paris et poursuit en parallèle ses études à l’EHESS sous la direction de Véronique Bontemps.

Les informations venues de Syrie dressent, quant à elles, un tableau bien différent. Les équipes de secours ont récupéré sept corps, dont ceux de cinq membres d’une même famille, tués sous une tente à al-Taff, dans la région de Lajat, au nord-est de Deraa[7]. Les deux autres corps sont ceux d’un homme âgé tué dans une ferme à al-Shayyah, près de Nassib, et d’un habitant de Shuhayb, âgé de 60 ans, du gouvernorat de Souwayda[8]. Les frappes auraient également touché d’autres secteurs, la base aérienne de Khalkhalah, ainsi que Muzayrib, où un missile non explosé a été désamorcé[9].

Si le plateau accidenté de Lajat abrite depuis longtemps des contrebandiers, le ciblage d’une famille entière sous une tente à al-Taff est difficile à concilier avec la version jordanienne. Cette contradiction a été rapidement mise au jour lorsque Damas a officiellement démenti toute coordination[10]. Le mardi 27 octobre, la Syrie a fermé dans les deux sens le poste-frontière de Nassib, seul point de passage opérationnel entre les deux pays pour les voyageurs et les marchandises, avant de le rouvrir mercredi[11]. Les ministres des Affaires étrangères respectifs ont convenu de créer un comité mixte de sécurité chargé d’enquêter sur les frappes[12].

Deux hypothèses pourraient expliquer ces versions divergentes. Dans la première, Amman aurait invoqué une prétendue coordination avec Damas pour donner une apparence de légalité à son opération ; dans la seconde, les autorités syriennes auraient bien donné leur accord initialement et se seraient ensuite désolidarisées face à l’ampleur des frappes ayant tué des civils. Le mandat du comité mixte de sécurité semble quant à lui accréditer la première hypothèse puisqu’il prévoit de « mettre en place des mécanismes de coordination sur le terrain et en matière de renseignement[13] », ce qui laisse penser que de tels mécanismes n’étaient pas opérationnels au moment des frappes.

Un air de déjà vu

La frappe du 26 octobre ayant visé la Syrie ne constitue pas un épisode isolé. Depuis trois ans, la Jordanie multiplie les opérations militaires dans le sud du pays, qu’elle considère comme une zone où elle peut intervenir comme bon lui semble. Cette politique a d’abord été motivée par la lutte contre le trafic de drogue, avant de s’étendre à d’autres objectifs. Alors que la Syrie était devenue durant les années de guerre civile une plaque tournante du trafic de Captagon[14], la Jordanie servait de voie de transit vers les pays du Golfe. En mai 2023, l’armée jordanienne mène ses premières frappes contre des trafiquants à l’intérieur du territoire syrien[15]. Le 18 janvier 2024, une opération à Arman, dans le gouvernorat de Souwayda, a fait une dizaine de morts parmi les civils, principalement des femmes et des enfants. Amman n’a jamais officiellement revendiqué cette attaque[16], niant une fois de plus toute implication[17]. Le même mois, la Jordanie participe aux frappes américaines contre l’État islamique, point sur lequel nous reviendrons plus loin.

C’est seulement en date du 2 mai 2026 qu’Amman affirmera pour la première fois agir en étroite coordination avec Damas, au cours d’une opération visant des sites de trafic de drogue et des caches d’armes à Souwayda[18]. Le nom donné L’appellation donnée à l’époque à l’opération de « Dissuasion jordanienne » fait directement écho à la frappe contre la Syrie, appelée « Dissuasion jordanienne – Hmoud ». Cette continuité pourrait alimenter l’hypothèse d’un lien avec la lutte antidrogue, sans toutefois la démontrer.

La « guerre contre l’État islamique » comme paravent

Le raid jordanien du 26 octobre est présenté comme une nouvelle offensive contre l’État islamique (EI). Pourtant, les premières déclarations d’Amman ne mentionnaient pas l’organisation, mais évoquaient des extrémistes « takfiris » et des groupes terroristes non identifiés. Ce n’est que le lendemain que la Jordanie confirme avoir visé plus de vingt membres de l’EI, a posteriori[19]. Une vidéo dans laquelle les suspects prêteraient allégeance à l’EI a circulé, mais elle n’a pas été authentifiée.

Cette nouvelle qualification est politiquement sensible pour le président syrien Ahmed al-Charaa, qui a fait ses débuts dans le djihadisme au sein d’Al-Qaïda en Irak avant de diriger Jabhat al-Nusra, puis de rompre avec ces organisations[20]. Depuis son arrivée au pouvoir, il cherche à faire reconnaître son gouvernement comme un partenaire dans la lutte contre l’EI, rejoignant de fait la coalition internationale. En novembre 2025, la Syrie a ainsi rejoint la coalition menée par les États-Unis contre le groupe[21]. Les frappes jordaniennes le placent donc dans une position délicate : les contester, c’est risquer de paraître indulgent envers l’EI ; ne pas réagir, c’est accepter qu’un pays arabe voisin mène des opérations militaires sur son territoire sans préavis.

Le choix des mots compte également. En utilisant le terme « takfiri », une appellation très générique, Amman peut présenter son opération comme une action antiterroriste sans préciser les liens entre les cibles et l’EI. Ce flou, entretenu délibérément, peut aussi être perçu par les dirigeants syriens, dont al-Charaa, comme un rappel de leur propre passé djihadiste.

Le calendrier de l’opération soulève une autre question. Les trois suspects ont été arrêtés à l’aube, grièvement blessés, et les frappes ont eu lieu le soir même. Les autorités avaient donc de peu de temps pour les interroger et identifier d’éventuels complices en Syrie. Les renseignements jordaniens disposaient-ils au préalable des noms des trafiquants de drogue, ou alors, la décision de frapper a été prise avant que les liens avec l’attentat de Karak ne soient établis ?

Ces questionnements n’impliquent en aucun cas la négation de l’existence d’un courant djihadiste proprement jordanien[22] qui s’est développé après l’occupation américaine de l’Irak[23], et qui a marqué le pays, notamment lors des attentats contre des hôtels à Amman en 2005, et au siège de Karak en 2016). L’attaque de Hmoud vient raviver le souvenir d’une menace dont les dimensions sont à la fois intérieures et transfrontalières.

L’hypothèse israélienne

Le différend entre Damas et Amman devrait aussi être lu à la lumière des ambitions régionales d’Israël, qui affirme que le gouvernement syrien est incapable d’assurer la sécurité dans le sud du pays et soutient Hikmat al-Hijri, un chef religieux druze. Les services de sécurité jordaniens accusent certains groupes qui lui seraient liés de participer au trafic de drogue et d’armes à la frontière jordano-syrienne[24].

Depuis la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024, le sud syrien se fragmente, partagé entre factions druzes à Souwayda, groupes armés locaux et réseaux de trafic de drogue à Deraa ; tandis que l’armée israélienne a renforcé sa présence et mène des incursions presque quotidiennes dans le gouvernorat de Quneitra et l’ouest de celui de Deraa, notamment dans le bassin du Yarmouk. Or l’un des lieux frappés par l’armée de l’air jordanienne, Muzayrib, se trouve dans cette même zone. Les frappes jordaniennes ont donc visé un secteur situé à la lisière d’une région où l’armée israélienne opère déjà.

Le refroidissement des relations entre Amman et Damas, à la suite de l’attaque du 26 octobre, est notable. Il intervient alors même que le roi Abdallah avait reçu à Aqaba, quatre jours plus tôt, le ministre syrien des Affaires étrangères et condamné les attaques israéliennes contre la Syrie[25]. En juin, les deux gouvernements avaient même qualifié leurs relations de « partenariat stratégique en expansion[26] ». Les précédentes frappes jordaniennes menées sous le gouvernement d’al-Charaa, y compris celle de mai 2026, n’avaient, elles, suscité aucune controverse publique. Désormais, le ministère syrien des Affaires étrangères dénonce les tentatives de déstabilisation des deux pays, sans désigner directement les responsables de celles-ci[27].

Une question se pose dès lors : Israël a-t-il joué un rôle dans l’opération jordanienne ? Alors que ses avions survolent librement le sud de la Syrie, il paraît difficile d’imaginer que des avions jordaniens aient pu frapper aussi près de la zone d’opérations israélienne sans qu’une forme de coordination ait eu lieu.

Le jour même où les avions de combat jordaniens ont survolé la Syrie, le ministère israélien des Affaires étrangères célébrait le 32e anniversaire du traité de paix israélo-jordanien[28]. Pour les détracteurs d’Amman, cette coïncidence illustre les contradictions du Royaume : la Jordanie recourt à la force contre son voisin syrien, mais se montre beaucoup plus prudente face aux opérations militaires israéliennes[29] ; une source recense environ 280 incursions pour le seul mois de septembre[30]. Le 22 octobre, des soldats israéliens sont entrés dans le village de Jamla, à l’ouest de Deraa, et ont tué un homme handicapé[31]. Ce même jour, à Aqaba, le roi Abdallah condamnait les attaques israéliennes contre la Syrie.

Le contraste est d’autant plus frappant que les nouvelles autorités syriennes disposent de peu de moyens pour répondre militairement à Israël, qui bénéficie du soutien de Washington. Ces accusations doivent toutefois être distinguées de faits indépendamment établis.

Une opinion jordanienne divisée

La différence de traitement nourrit le mécontentement dans le Royaume. L’attentat de Karak, qui a fait neuf morts jordaniens, a été suivi de frappes aériennes en trois jours. À l’inverse, plus de 74 000 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon les chiffres rapportés à la fin septembre 2026[32], tandis que les violences des colons se sont intensifiées en Cisjordanie et que les tensions persistent autour de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, dont la Jordanie assure la garde. Ces événements ont suscité des condamnations d’Amman, considérées par une partie de l’opinion comme une simple rhétorique de façade. En septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le roi Abdallah a cité les sanctions parmi les moyens dont disposent les États face à Israël et a appelé les autres pays à y recourir, sans toutefois en faire une exigence centrale de son discours[33].

Les défenseurs d’Amman jugent, quant à eux, la comparaison avec Israël trompeuse. L’attentat de Karak a tué neuf citoyens jordaniens : traquer ses auteurs et leurs éventuels réseaux relève, selon eux, du devoir premier de l’État. Engager un affrontement militaire avec Israël, puissance dotée de l’arme nucléaire, serait en revanche suicidaire et risquerait de priver le Royaume de ressources vitales, notamment l’aide américaine et l’approvisionnement en eau. Washington verse en effet à la Jordanie environ 845 millions de dollars d’aide budgétaire directe par an[34], soit près de 6 % des recettes de l’État. La dépendance hydrique constitue une autre vulnérabilité. Israël a refusé de renouveler un accord conclu en 2021 qui prévoyait de fournir à la Jordanie 50 millions de mètres cubes d’eau par an, apparemment sur fond de tensions liées aux critiques jordaniennes de sa politique[35]. Amman s’inquiète également des pressions sur les ressources du Yarmouk : le barrage de Wahda ne contiendrait plus que 13 millions de mètres cubes.

Les défenseurs du Royaume soulignent aussi qu’Amman n’est pas resté inactif face à Israël. La Jordanie a rappelé son ambassadeur en novembre 2023[36], le roi n’a plus rencontré Benyamin Netanyahou depuis octobre de la même année et le gouvernement s’oppose fermement à tout déplacement de Palestiniens vers le territoire jordanien. « Nous sommes un pays doté d’une armée et d’une souveraineté », a ainsi déclaré un haut responsable pour défendre cette ligne[37].

Enfin, Amman affirme que ses interceptions de missiles et de drones iraniens visaient à protéger son propre territoire, et non celui d’Israël. Selon l’armée jordanienne, l’Iran a tiré 119 missiles et drones en direction de cibles situées en Jordanie au cours d’une seule semaine de la guerre de mars 2026[38]. Pour les défenseurs du Royaume, ces opérations relevaient donc de la légitime défense, même si elles ont aussi contribué à protéger Israël.

L’opinion jordanienne révèle ainsi une polarisation grandissante dans le Royaume. Si ces contraintes expliquent la retenue d’Amman face à Israël, elles ne justifient ni la précipitation ni l’opacité des frappes en Syrie : le Royaume affirme sa souveraineté là où elle lui coûte le moins.

 

Conclusion

La désescalade entre Amman et Damas a été rapide : création de comité mixte de sécurité, réouverture du poste-frontière de Nassib et reprise du dialogue. Les deux pays ont intérêt à préserver leurs relations, tant pour les échanges commerciaux que pour leurs projets régionaux, notamment la relance du chemin de fer du Hedjaz avec la Turquie[39]. Mais cet apaisement ne dissipe pas les interrogations soulevées par les frappes.

En bombardant le sud de la Syrie, la Jordanie risque d’affaiblir davantage l’autorité de Damas et d’alimenter le ressentiment des populations locales. La mort de civils pourrait aussi offrir aux groupes armés de nouveaux arguments de recrutement. Pour Amman, l’enjeu est également celui de sa crédibilité : si les liens entre les suspects et les cibles ne sont pas établis, le bilan civil et la controverse sur une éventuelle coordination avec Damas pèseront durablement sur les relations bilatérales. À l’intérieur du Royaume, enfin, une riposte spectaculaire peut rassurer une population choquée par l’attentat, mais la démonstration de force peut aussi exacerber les tensions qu’elle entend contenir.

Le calendrier des frappes, à la veille des élections israéliennes du 27 octobre, invite également à s’interroger sur leurs objectifs. Rien ne prouve que l’opération ait été planifiée en fonction du scrutin. Elle a toutefois pu contribuer à renforcer la position d’Amman auprès de Washington, en soulignant le rôle de la Jordanie dans la lutte contre l’État islamique et en faveur de la sécurité régionale. Les frappes ont également pu envoyer un signal indirect à Israël. Alors que Netanyahou revendiquait le contrôle d’une zone allant du mont Hermon au Yarmouk[40], Amman privilégiait jusque-là, la voie diplomatique pour contester l’expansion militaire israélienne en Syrie. Le survol de Deraa par des avions jordaniens a pu rappeler que l’avenir du sud syrien ne concerne pas Israël seul. Mais cette lecture reste hypothétique : rien ne permet d’affirmer que l’opération visait à transmettre un tel message.

L’attentat de Karak était une atrocité, et la Jordanie avait toute légitimité à en poursuivre les auteurs. Trois suspects ont été arrêtés en trois jours. Reste à expliquer pourquoi Amman a bombardé un pays arabe voisin le jour même de leur arrestation, sans rendre publiques les preuves reliant les cibles à l’attentat et alors que Damas conteste toute coordination préalable.

Notes :

[1] “Jordan says three family members behind Karak church attack”, The New Arab, 26 October 2026, https://www.newarab.com/news/jordan-says-three-family-members-behind-karak-church-attack.

[2] Anwar al-Ziyadat, “Victims’ families recount Karak church massacre as tragedy unites Jordanians”, The New Arab, 26 October 2026, https://www.newarab.com/news/jordan-unites-victims-families-recount-karak-church-massacre.

[3] “Jordan’s King Abdullah orders firm response after deadly church attack”, Al Jazeera, 24 October 2026, https://www.aljazeera.com/news/2026/10/24/jordans-king-abdullah-orders-firm-response-after-deadly-church-attack.

[4] “Director of Public Security: Karak Attack Was Unplanned; Perpetrators Acted Spontaneously on Shared Extremist Ideology”, Jordan Pulse, 26 October 2026, https://www.jordanpulse.com/article/18761.

[5] “Jordan says three family members”, The New Arab.

[6] “Jordan strikes southern Syria after church funeral attack; Damascus says 8 civilians killed”, Arab News, 26 October 2026, https://www.arabnews.pk/middle-east/jordan-strikes-southern-syria-after-church-funeral-attack-damascus-says-8-civilians-killed-3005343.

[7] “Jordanian Airstrikes Kill Civilians in Daraa, Damascus Denies Coordination”, Enab Baladi, 27 October 2026, https://english.enabbaladi.net/archives/2026/10/jordanian-airstrikes-kill-civilians-in-daraa-damascus-denies-coordination/.

[8] “Why Jordan has struck Syria: What we know”, Al Jazeera, 27 October 2026, https://www.aljazeera.com/news/2026/10/27/why-jordan-has-struck-syria-what-we-know.

[9] Une maison a également été touchée à Ain al-Basal, sans faire de blessé. Pour aller plus loin : “Why Jordan has struck Syria”, Al Jazeera.

[10] “Syria closes main border crossing with Jordan after airstrikes in south”, Al Arabiya English, 27 October 2026, https://english.alarabiya.net/News/middle-east/2026/10/27/syria-closes-main-border-crossing-with-jordan-after-airstrikes-in-south.

[11] “Jordan and Syria form joint security committee after deadly strikes”, The National, 28 October 2026, https://www.thenationalnews.com/news/mena/2026/10/28/jordan-and-syria-form-joint-security-committee-after-deadly-strikes/.

[12] Tarek Chouiref, “Jordan, Syria agree to joint probe into deadly airstrikes”, Anadolu Agency, 28 October 2026, https://www.aa.com.tr/en/middle-east/jordan-syria-agree-to-joint-probe-into-deadly-airstrikes/4103247.

[13] “Syria, Jordan Form Joint Committee to Investigate Airstrikes”, Enab Baladi, 28 October 2026, https://english.enabbaladi.net/archives/2026/10/syria-jordan-form-joint-committee-to-investigate-airstrikes/.

[14] “Syria’s Captagon Economy Shifts to Transit”, Enab Baladi, 13 May 2026, https://english.enabbaladi.net/archives/2026/05/syrias-captagon-economy-shifts-to-transit/amp/.

[15] “Air strike in Syria kills major drug trafficker: monitor”, The New Arab, 8 May 2023, https://www.newarab.com/news/air-strike-syria-kills-major-drug-trafficker-monitor.

[16] “As-Suwayda residents fear new Jordanian strikes, Calls for coordination”, Enab Baladi, 22 January 2024, https://english.enabbaladi.net/archives/2024/01/as-suwayda-residents-fear-new-jordanian-strikes-calls-for-coordination/.

[17] Kevin Doyle, “Jordan strikes drug, arms smugglers in Syria border region: Reports”, Al Jazeera, 25 December 2025, https://www.aljazeera.com/news/2025/12/25/jordan-strikes-drug-arms-smugglers-in-syria-border-region-reports.

[18] Mohammad Mansour and Mohammed Al-Tarawneh, “Syria’s Suwayda: A new hub for the multibillion-dollar Captagon trade?”, Al Jazeera, 6 May 2026, https://www.aljazeera.com/news/2026/5/6/syrias-suwayda-a-new-hub-for-the-multi-billion-dollar-captagon-trade.

[19] “Jordan says it killed more than 20 Islamic State militants in airstrikes on Syria”, Business Day, 27 October 2026, https://www.businessday.co.za/world/2026-10-27-jordan-says-it-killed-more-than-20-islamic-state-militants-in-airstrikes-on-syria/.

[20] “Al-Jolani: From extremism to moderation”, Enab Baladi, 9 December 2024, https://english.enabbaladi.net/archives/2024/12/al-jolani-from-extremism-to-moderation/.

[21] Danny Kemp, “Syria joins alliance against Islamic State after White House talks”, Al-Monitor, 9 November 2025, https://www.al-monitor.com/originals/2025/11/syria-joins-alliance-against-islamic-state-after-white-house-talks.

[22] Abou Musab al-Zarqaoui, figure fondatrice du mouvement dont est issu l’EI, était jordanien et originaire de Zarqa. Des idéologues djihadistes influents, comme Abou Muhammad al-Maqdisi et Abou Qatada, ont également vécu et prêché dans le Royaume.

[23] “Al-Zarqawi mentor rearrested”, Al Jazeera, 6 July 2005, https://www.aljazeera.com/news/2005/7/6/al-zarqawi-mentor-rearrested.

[24] Rana Sabbagh, “Jordan Wants a Partner in Israel. It No Longer Expects to Find One”, Alhurra, 22 October 2026, https://alhurra.com/en/47823.

[25] “Jordan’s King Abdullah rejects Israeli attacks on Syria amid deadly Daraa incursion”, Arab News, 22 October 2026, https://www.arabnews.com/middle-east/jordans-king-abdullah-rejects-israeli-attacks-on-syria-amid-deadly-daraa-incursion-3007740.

[26] “Jordan, Syria issue joint statement; reaffirm expanding strategic partnership”, Jordan News Agency (Petra), 14 June 2026, https://petra.gov.jo/en/news/jordan-syria-issue-joint-statement-reaffirm-expanding-strategic-partnership%C2%A0.

[27] Matt Ford, “Jordan acknowledges civilian casualties in Syria airstrike against ‘Islamic State'”, Deutsche Welle, 27 October 2026, https://www.dw.com/en/jordan-acknowledges-civilian-casualties-in-syria-airstrike-against-islamic-state/a-79775653.

[28] Lazar Berman, “Israel praises Jordan peace treaty on 32nd anniversary, calling it ‘cornerstone of regional stability'”, The Times of Israel, 26 October 2026, https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/israel-praises-jordan-peace-treaty-on-32nd-anniversary-calling-cornerstone-of-regional-stability/.

[29] “Human Rights Report Documents Hundreds of Israeli Incursions and Dozens of Martyrs in Syria Since 2024”, Al-Quds, 9 October 2026, https://alquds.com/en/posts/261174-human-rights-report-documents-hundreds-of-israeli-incursions-and-dozens-of.

[30] “Israeli Incursions in Syria: Security Pretexts at the Center of Israel’s Electoral Debate”, The Syrian Observer, 27 October 2026, https://syrianobserver.com/foreign-actors/israeli-incursions-in-syria-security-pretexts-at-the-center-of-israels-electoral-debate.html.

[31] “Jordan’s King Abdullah rejects Israeli attacks”, Arab News.

[32] Sabbagh, “Jordan Wants a Partner in Israel”.

[33] “‘Terrifying impunity’: Israel is a regional threat, Jordan’s king tells UN General Assembly”, Arab News, 22 September 2026, https://www.arabnews.com/middle-east/terrifying-impunity-israel-is-a-regional-threat-jordans-king-tells-un-general-assembly-3002702.

[34] “Jordan to receive $845 million in aid from United States”, The New Arab, 27 November 2022, https://www.newarab.com/news/jordan-receive-845-million-aid-united-states.

[35] “Israeli water supplies to Jordan drop by half amid tension over Gaza and West Bank”, The National, 27 February 2026, https://www.thenationalnews.com/news/mena/2026/02/27/jordan-israel-water/.

[36] “Jordan recalls ambassador to Israel to protest Gaza ‘catastrophe'”, Al Jazeera, 1 November 2023, https://www.aljazeera.com/news/2023/11/1/jordan-recalls-ambassador-to-israel-to-protest-gaza-catastrophe.

[37] Sabbagh, “Jordan Wants a Partner in Israel”.

[38] “Breaking News: Jordan Armed Forces: Iran targeted Jordanian territory with 119 missiles and drones in 1 week”, Jordan News Agency (Petra), 7 March 2026, https://petra.gov.jo/ar/index.php/en/news/breaking-news-jordan-armed-forces-iran-targeted-jordanian-territory-with-119-missiles-and-drones-in-1-week-petra.

[39] “Syria, Jordan, Turkey Reach Understanding to ‘Activate the Middle East Corridor'”, Enab Baladi, 7 April 2026, https://english.enabbaladi.net/archives/2026/04/syria-jordan-turkey-reach-understanding-to-activate-the-middle-east-corridor/.

[40] “Netanyahu: Israel Holds Unprecedented Control From Mount Hermon”, Enab Baladi, 9 September 2026, https://english.enabbaladi.net/archives/2026/09/netanyahu-israel-holds-unprecedented-control-from-mount-hermon/.